Rechercher

Des soumis et des hommes

« Quoi qu’il en coûte ». Cette phrase a résonné très fort en moi l’autre soir lors de l’allocution de M Macron. À ces mots, des milliers d’images se sont entrechoquées sur mon écran intérieur. J’ai vu les tranchées de Verdun et la chanson de Craonne, les mines de Germinal, les mains arrachées ou les yeux crevés des gilets jaunes, les gueules cassées. J’ai vu un champignon atomique au large de Mururoa, J’ai vu la traite des noirs, les forêts du monde entier dévastées, les indiens d’Amérique du Nord parqués, les Indiens d’Amériques du Sud convertis. J’ai vu les plages Bretonne après l’Erika, la liste des espèces disparues ou menacées, l’air de Pékin ou Mexico. J’ai vu Giscard d’Estaing et ses diamants, Fabius, Mitterand, Chirac, Sarkozy et leurs casseroles. J’ai vu les logos de Areva, Total, Air France. J’ai vu les feux ravageant l’Australie, les Tsunami, les canicules… J’ai vu l’académie des Césars. J’ai vu les trains vers Auschwitz et Birkenau. À chaque image j’entendais « Quoi qu’il en coûte » C’est fort « quoi qu’il en coûte » !!! c’est emprunt de courage, de détermination. C’est implacable.
Ça fait peur aussi ! Ça ressemble à un coup de poker. Tapis !!! Après ça j’ai tout gagné ou j’ai tout perdu. J’aurais aimé, enfant, que mon père me dise droit dans les yeux « Quoi qu’il en coûte » au sujet d’un idéal qu’on aurait partagé.
Un truc fou où on se serait dit « allez, là c’est bon, on y va ! c’est ce projet qui nous anime on fonce et c’est beau » Au final, il ne l’a pas dit mais et on ne s’est plus parlé pendant 19 ans.
Nous n’étions pas animés par le même projet…

Vous me voyez venir avec mon père !?
 Si je transpose mon expérience personnelle et familiale à un plan plus large, j’ai d’un côté les « enfants » de la Patrie et, de l’autre côté, ses représentants légaux qui se sont donnés les moyens d’avoir et de garder une forme de tutelle. Parce qu’en fait, dans le cas présent, le « quoi qu’il en coûte » du président je ne le sens pas très bien. Je ne suis pas certain d’avoir envie d’aller dans la même direction. Le truc c’est que ces 19 ans sans se parler, à deux, ont laissé des traces sur toute une famille de 10-15 personnes. Mais si ça se passe pareil à 67 Millions… ça va pas le faire. Je dis cela dans le sens où d’après ce que j’ai pu voir, au niveau national tout au moins, les divergences de point de vue à propos des orientations, des choix de vie entre les « enfants » de la Patrie et ses représentants ont pour le moins été réprimandées. Alors que fait un enfant quand il dit à son père que le chemin qui lui est montré n’est pas celui qu’il a envie d’emprunter ? Et plus précisément que fait un enfant quand, après avoir nommé son désir et son intention, il reçoit un soufflet, se fait choper par l’oreille et s’entend dire que décidément il n’a rien compris et que le bon chemin c’est celui qu’on lui dit de prendre ? Il se rebelle. Il refuse la soumission en exerçant sur la figure paternelle la même violence que celle reçue (ou ressentie). C’est finalement se soumettre aux mêmes schémas d’opposition et cela n’est pas acceptable.

Or mon aspiration profonde, aussi idyllique et utopique soit elle, est que la grande Famille Humaine vive dans les meilleures dispositions.

Décidément, aujourd’hui il s’agit de devenir adulte et de sortir de la soumission. D’un côté comme de l’autre ! Car si mon père et moi avons fait de cette transition un tel massacre, c’est d’abord parce que ni lui ni moi n’avons reçu les clés pour aborder ces événements sereinement. En Adultes responsables.
 Il est donc primordial pour sortir de la soumission, de quelque ordre qu’elle soit, et devenir un Homme : - D’adapter mon comportement et ma façon d’être à ce qui est bon pour mon environnement et ma santé. Pour cela je dois reconnaitre toute ma valeur et l’importance de mes actes aussi minimes soient-ils. Pas parce qu’on m’a interdit de le faire !!! Mais parce que j’ai compris que c’est bon pour moi et que je ne souhaite pas nuire aux autres. - De me questionner sur l’origine de mes actions, comprendre ce qui me fait agir ou réagir afin de discerner mes blessures et ne pas les faire subir en retour. - De vivre pleinement mes émotions et les partager. C’est cela être en lien. C’est cela Vivre. - De considérer, respecter et aimer l’autre tel qu’il est en ayant confiance en lui et en sachant qu’il fera les choix qui comptent pour lui sans chercher à l’influencer. - De reconnaitre que l’autre fait ce qu’il peut et de son mieux avec ce qui lui a été transmis. - De savoir poser ma limite en respectant celle des autres. - De reconnaitre que ce qui me dérange chez l’autre est généralement ce que je ne veux pas voir chez moi.

Quoi qu’il en coûte.

1 vue
Pour toute question,
contactez moi :
06 61 41 42 56
christophe.terve@gmail.com
 
  • Instagram
  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône